La Gare Historique de Montoire-sur-le-loir

Notice de Sila DEMIRDOGEN

Montoire, témoin d’un événement marquant de l’Histoire

Montoire-sur-le-loir est une petite commune d’environ 3000 habitants, située dans le département du Loir-et-Cher, en région Centre-Val de Loir. La commune, peu connue, est pourtant un lieu hautement historique et le témoin d’un événement marquant de l’histoire de France : la première rencontre du maréchal Pétain et d’Hitler en 1940. En effet, la fameuse photo de la poignée de main des deux hommes que l’on trouve dans les pages des livres d’histoire a été prise à Montoire-sur-le-loir. Cette rencontre signe la collaboration entre le régime de Vichy et l’Allemagne nazie.

Pourquoi Montoire ? Car, le village à l’époque se trouve sur la ligne ferroviaire Paris-Bordeaux-Hendaye. Elle est aussi à moins de 4km d’un autre village, Saint-Rimay, où se trouve un tunnel ferroviaire long de 550m² et qui permet d’abriter le train du Führer contre des menaces aériennes éventuelles. Aujourd’hui, la ligne ferroviaire est fermée, la gare est désaffectée et transformée en musée.

  • 22-23 octobre 1940 : Arrivée d’Hitler à Montoire-sur-le-loir et entrevue entre Pierre Laval et Hitler.
  • 24 octobre 1940 : Entrevue entre le maréchal Pétain et le Chancelier du Reich.
  • En 2003, la gare devient un musée sous le nom de « lieu de rencontre ».

Une nouvelle scénographie 

Le 1er juillet 2017, c’est l’inauguration officielle de la nouvelle scénographie créée par Séverine Fraisse, guide du musée. Cette nouvelle scénographie présente une collection d’objets de la vie quotidienne, des uniformes, des documents d’archives originaux et des photographies de la Seconde Guerre mondiale, prêtées par un collectionneur privé. Les objets sont conservés dans quatre espaces thématiques : l’entre-deux-guerres, l’occupation, la collaboration, la résistance. Une dernière salle consacrée aux entrevues de Montoire présente une maquette géante au 1/87e, qui reconstitue l’ensemble du site en octobre 1940 avec plus de 400 figurines. Suivant l’ère numérique qui s’empare des musées, on y trouve également des écrans tactiles et des tablettes numériques permettant l’accès à un plus grand nombre de documents. Le nouveau musée a pour objectif de s’inscrire dans les « chemins de mémoire » mis en place par le ministère de la Défense. Ainsi, d’attirer un plus grand nombre de visiteurs et de cibler de nouveaux publics, notamment les scolaires. La gare change également de nom et devient « Gare historique ».

Une « Loco » qui fait polémique 

Le maire de la commune, Guy Moyer, sans étiquette (DVG) mais soutenu par le parti socialiste, souhaite créer une boutique de souvenirs du musée. Le logo choisi pour les divers objets est une locomotive. Une bonne idée pour certains, une mauvaise idée pour d’autres…. Notamment pour une conseillère municipale d’opposition, Anne Cantegreil, qui conteste avec fermeté ce logo. La polémique fait rage jusqu’avoir un article sur le sujet dans le Canard Enchaîné du mercredi 6 septembre 2017, avec le titre « Montoire veut crier gare ». La locomotive faisant écho aux trains de déportation, à Auschwitz  dérange ainsi que la volonté d’utiliser le train d’Hitler comme argument vendeur.

Une réponse des intéressés ne tarde pas à venir. Dans le quotidien régional La Nouvelle République,le maire répond à la polémique : « Une boutique qui n’est pas encore opérationnelle et des stylos qui ne sont pas encore en vente » et précise : « En revanche, la pancarte du « Musée de rencontres » va bientôt disparaître pour celle de « Gare historique » pour souligner que Montoire, qui n’a rien fait de plus ou moins que d’autres villes, n’a aucune raison de cacher son passé. La poignée de main, c’est aussi son histoire ! ». Sur la page Facebook dédiée à la gare historique, on répond également à l’article du Canard Enchaîné: «[…] la création d’une boutique a toujours été à vocation touristique dans le but de promouvoir la ville de Montoire (dont la gare historique) et de ses environs et non de promouvoir la Collaboration». D’après le maire, la gare historique doit contribuer au devoir de mémoire. Il en est de même pour le sénateur Jeanny Lorgeoux, présent à l’inauguration : « Ce musée doit être considéré comme un élément de souvenir et de transmission pour que les générations nouvelles exercent une vigilance mémorielle ».

Sila DEMIRDOGEN (2018)

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